Que s'est il passé ?
Tout est noir...
Non, pas tout...
Une voiture passe dans la rue...quelque part dehors, loin de notre nid douillet. Ses phares éclairent la pièce l'espace d'un instant et la lumière voyage sur les murs comme dans un vieux film en noir et blanc.
Voilà...Elle est partie. Tout est de nouveau noir...Une obscurité encore plus intense même après cet éclat furtif.
Je suis allongée, l'épaisse couverture me recouvre, l'oreiller soutient ma tête. Je suis dans mon lit...
Je tourne doucement le visage vers le cadrant lumineux du réveil qui me blesse les yeux. Il est encore bien trop tôt pour ce lever. Mais, pourquoi me suis-je réveillée ?
Voilà que cela recommence...
Je porte une main à mon ventre et une légère poussée me répond. Je souris...
« Coucou Toi »...Tu n'as pas encore de nom...
C'est donc toi qui m'as tiré de ce rêve étrange ? J'étais bloquée entre été et hivers...
Mes paumes lissent doucement la peau tendue de mon abdomen, cherchant à atteindre par ces caresses le petit être qui m'habite. Je souris...
Je tourne, vers l'autre côté du lit, mon regard heureux et ravi. Et deux yeux félins et alanguis me réponde. J'ai du te réveiller, amour. Et toi, sagement, tu m'as laissé ce moment de solitude avec l'enfant que je porte, ton enfant...un petit bout de toi...un petit bout de moi...
Tu me souris, et ton visage contient toute la tendresse du monde.
En quelques mouvements, tu presses ton corps contre le mien et m'entoures de tes bras protecteurs, ton souffle vient jouer dans mon cou, murmurant des je t'aime à n'en plus finir. Ta main s'est délicatement posée sur mon ventre là où ta fille t'attend. Comme si tu souhaitais lui faire un rempart de ton corps contre l'horreur du monde extérieure mais sachant que je suis sa seule protection.
Je te souris, je t'aime mon amour...
Je suis peut être son seul bouclier mais tu es le mien.
C'est un instant arraché au temps, un moment d'éternité. Un regard et un amour partagé...
Tu te rendors contre moi et mon ventre tressaute encore une fois...
« Chut, mon Ange...Ton père s'est endormit...Nous t'aimons...Viens vite partager notre vie. »
Une petite poussée contre la paume reposant sur ma peau...
Mon amour, quand tu dors, sais tu que tu souris... ?
(Je ne le suis pas...c'est juste un rêve récurent qui me laisse avec un horrible sentiment de vide le matin au réveil...Quand je me rencontre que le petit être qui m'habitait n'est pas là...
On a beau dire que les rêves ne sont qu'imagination, quand ils mettent en balance des sentiments si puissant...c'est de la torture...).